Revistes Catalanes amb Accés Obert (RACO)

Entre liturgie céleste et liturgie terrestre: les pintures de la chapelle du logis abbatial de Moissac (fin du XIIe siècle)

Cécile Voyer

Resum


Dans la chapelle inférieure - construite à la fin du XIe siècle - de la tour médiévale, située au nord-est du chevet de l’église abbatiale de Moissac, a été conservé un décor peint d’une grande qualité, datant de la fin du XIIe siècle. Il est possible que cet espace ait appartenu à l’hôtel Sainte-Foy, désigné par les textes du XIVe siècle comme l’aula de l’abbé. Sur le mur occidental de la chapelle est figuré un arbre de Jessé qui s’étire sur la voûte en berceau plein cintre. Des prophètes, initialement au nombre de douze, complètent l’image centrale. Ils répondaient au collège apostolique associé à la Maiestas Domini, juxtaposée à l’arbre de la lignée christique. Outre la richesse sémantique de chacune des images, leur association dans l’espace de la chapelle est particulièrement signifiante. Polysémique, le décor évoque non seulement la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament, mais surtout la réaffirmation de la double nature du Christ dans l’espace liturgique et le sens de l’Église du Christ. Au moment de leur réalisation, les peintures de la chapelle ont fait l’objet d’un soin particulier : des inclusions de cabochons en verre ou en métal, des pigments précieux et des apports d’or les enrichissaient, générant des effets sur les spectateurs-acteurs qui se tenaient dans cet espace. Nous nous intéresserons donc à la signification de ces images, à la mise en scène du sacré dans un lieu de dévotion privée, réservé à l’abbé et aux hôtes de prestige accueillis dans l’abbaye.

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