Revistes Catalanes amb Accés Obert (RACO)

Quelques histoires belles et véritables des femmes au Moyen Age et à la Renaissance

Dominique de Courcelles

Resum


Au Moyen Age et à la Renaissance, les femmes acquièrent le désir et la capacité d’écrire elles-mêmes des histoires édifiantes, belles et véritables, et elles posent à leur mesure la question difficile, à la fois philosophique, théologique et juridique, du rapport entre la beauté, la vérité et l’écriture. Cette étude considère successivement la Vie de sainte Douceline de Digne écrite à la fin du XIIIe siècle par Philippine de Porcellet qui lui a succédé à la tête des béguines de Provence, La Cité des Dames de 1404 de Christine de Pisan, L’Heptaméron de Marguerite de Navarre composé à partir des années 1520, dans la mesure où ces textes correspondent à trois étapes significatives de l’histoire de la littérature française du Moyen Age et de la Renaissance, et de l’élaboration des rapports entre la beauté et la vérité dans la littérature. Ces trois exemples d’ «histoires belles et véritables» des femmes montrent bien comment les femmes, en nouant les rapports entre la beauté et la vérité, imposent leur présence dans la littérature. Découvrant le pouvoir des «histoires belles et véritables», elles en tirent non seulement une reconnaissance religieuse, culturelle, sociale, mais aussi une meilleure connaissance d’elles-mêmes et du monde qui les entoure, une aptitude à affirmer et légitimer efficacement leur intelligence et leur liberté.

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