Revistes Catalanes amb Accés Obert (RACO)

Une réception en trois lieux : échos artistiques et littéraires d’un triptyque de Jérôme Bosch entre Venise, Palma de Majorque et Bruges

Didier Martens

Resum


La réception du triptyque du Jugement dernier de Jérôme Bosch, aujourd’hui conservé au Musée Groeninge de Bruges, a toujours présenté un fort ancrage local. L’oeuvre est mentionnée à Venise en 1528, dans un inventaire des collections du cardinal Marino Grimani. Elle fut citée dans une Tentation de saint Antoine du peintre italien Gerolamo Savoldo (vers 1530, San Diego, Timken Art Gallery). Pendant tout le XIXe siècle, elle fut exposée à Palma de Majorque, dans le musée privé des comtes de Montenegro. C’est alors qu’elle fut décrite par le poète catalan Pau Piferrer (1842) et par le journaliste français Édouard Conte (1895), dans deux ouvrages destinés aux touristes cultivés. Enfin, le triptyque fut acquis en 1907 sur le marché parisien pour la ville de Bruges. Quatre ans plus tard, il fut intégré dans un tableau de Frans Kops représentant une Visite dans l’atelier de Jérôme Bosch (1913, Bois-le-Duc, Hôtel de ville). À en croire le peintre néo-gothique néerlandais, le triptyque constituerait la dernière oeuvre du maître. Il apparaît que Kops a étudié à Bruges la peinture romantique locale et les monuments anciens. Le triptyque joue également un rôle clé dans un film de Martin McDonagh  présenté en 2008 : Bons baisers de Bruges. Ce film a été tourné dans la ville même de Bruges.

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