Revistes Catalanes amb Accés Obert (RACO)

Strategies d'allocation des ressources et sex-ratio chez les espèces vegetales dioiques: exemple du Rumex acetosella L. (Polygonacées) et comparaison avec d'autres espèces

Josep Escarré, Claudié Houssard, Alain Lacoste

Resum


Les changements de sex-ratio (nombre de pieds males sur nombre de pieds femelles) chez les espèces dioïques pourraient refléter des contraintes au niveau de l'allocation des ressources aux structures de maintien ou a la reproduction qui affecteraient de manière privilégiée l'un des deux sexes, souvent le sexe femelle. Nous avons comparé les résultats publiés dans la littérature sur des espèces dioïques a ceux que nous avions obtenu avec Rumex acetosella L. (Polygonacées), une espèce dioïque présente dans des successions après abandon des cultures, dans deux sites a 30 km au sud de Paris. En début de succession (6 mois à 1 an d’abandon) le nombre de pieds florifères des deux sexes est sensiblement équivalent ou bien il y a une légère prédominance des femelles. A partir de 4 ans et jusqu'a 15 ans d'abandon (l’espece n’est pas présente au delà de 15 ans}, le sex-ratio devient de plus en plus biaisé en faveur des individus males. La raison de la disparition des femelles est l’investissement élevé dans la production de fruits, qui se fait au détriment de leur multiplication végétative, rendant les individus de moins en moins compétitifs face à la fermeture progressive du milieu. Les individus males qui investissent uniquement dans la floraison résistent mieux al' augmentation de la compétition interspécifique d'ou leur prédominance dans les stades âgés. L’analyse bibliographique montre que chez d’autres espèces l’excès des males est aussi une situation courante dans les communautés végétales. Cependant il existe des cas ou les femelles par leur meilleure efficacité photosynthétique ou par une plus longue saison de croissance peuvent supporter le coût élevé de la fructification sans être trop pénalisées. Il apparaît aussi que l’évolution vers un dimorphisme sexuel semble favorisée par des conditions soit extrêmes soit a la limite de l’aire de l’espèce.

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